Programmation film sur moniteur

02.09 – 20.11.11

Image Mouvement

 

De septembre 2011 à janvier 2012, l’espace réaménagé du 4e étage au Centre d’Art Contemporain Genève accueille une programmation film, principalement sur moniteurs, accessible gratuitement pendant les heures d’ouverture de l’institution.

Cette programmation permet d’élargir le spectre de la programmation régulière et offre une nouvelle possibilité d’expérimenter, d’interroger l’image en mouvement dans un contexte institutionnel. Son format modeste et flexible favorise une relation plus directe, intime, entre le spectateur et le contenu, loin des dispositifs d’exposition fréquemment larges, complexes, élaborés.

CAN I SEE ME?

Un projet proposé par Emilie Bujes. 02.09 – 20.11.2011, 4e étage

Premier projet du nouvel espace du 4ème étage, CAN I SEE ME ? propose, par étapes, six films et diverses formes d’auto-ethnographie.

Le journal, genre littéraire par définition intime, ambitionne parallèlement – comme d’ailleurs une correspondance – de n’exister que dans le domaine privé. Lorsque ces documents sont au contraire rendus publics, le lecteur ou spectateur adopte, volontairement ou non, une position voyeuriste, qui semble néanmoins légitimée par la figure même de l’artiste – elle-même largement exhibitionniste. Le format filmique supposant ou envisageant un spectateur potentiel dès la création, le journal filmé forcément implique une oscillation paradoxale entre public et intime.
C’est ce hiatus qu’illustre dans une certaine mesure un septième projet également, de l’artiste Karolin Meunier, offrant un cadre à la fois discursif et abstrait aux autres travaux. Au centre d’un schéma textuel cette phrase «I develop the habit of showing myself as observed» (je développe l’habitude de me montrer comme observée); l’artiste envisagé comme sujet, existant dans et à travers le regard de l’autre.

La tenue d’un journal, littéraire ou cinématographique, dispense par nature son auteur de tout interdit ou contrainte, esthétique ou moral. Tantôt militant, tantôt intime et laissant libre champ à l’expression de doutes et de difficultés, il a ainsi le loisir d’être «maladroit» dans son langage cinématographique. Il peut également s’appuyer sur une originalité formelle permettant d’illustrer la quête identitaire de l’artiste et de stigmatiser l’activité même de filmer. Cinéma très personnel, qui relate des fragments de quotidien (tout en s’inscrivant forcément dans le passé, comme c’est le cas pour la photographie) ou une expérience vécue, et qui souvent refuse la narrativité, il comprend des affiliations aux films de famille, films amateurs, «home movies». Le récit et l’image sont fragmentés, tels des instantanés photographiques associés au moment du montage ; une forme silencieuse et modeste de cinéma, disposant d’une grâce essentielle étroitement liée aux origines mêmes de cet art.

PROGRAMMATION

02.09 - 09.10
EZGI KILINÇASLAN, «Berlun», 2008
LAURE PROUVOST, «Monolog», 2009

27.09 - 30.10
JAN BUCHHOLZ, «Eigenbrand», 2010
LAURIN FEDERLEIN, «London», 2006

11.10 - 20.11
ANNE CHARLOTTE ROBERTSON, «Apologies», 1983-1990
PIERRICK SORIN, «Réveils», 1988

Et pour toute la durée du projet:
KAROLIN MEUNIER, «Sentence (Outline)», 2009

Télécharger le pdf «Can I See Me?»

REGARDER PENSER LA VILLE

Un projet proposé par Laura Györik Costas, 25.11.2011 – 22.01.2012, 4e étage

Dans l’un des chefs-d’oeuvre du cinéma muet, « Berlin, die Sinfonie der Grosstadt » (1927), WALTHER RUTTMANN décrit en images la vie et le rythme effréné d’une grande métropole moderne, de l’aube à minuit. Les paysages urbains et architecturaux, les activités et les codes comportementaux de différentes couches sociales berlinoises se succèdent en plans brefs et saisissants, donnant l’impression d’une pulsation vertigineuse. Néanmoins, les facettes moins nobles de la ville se livrent par bribes dans le film, sorte d’images subliminales et signes avant-coureurs de la crise économique et sociale mondiale de 1929.
Les grandes villes exercent depuis toujours une grande capacité d’attraction, autant pour les beautés architecturales qu’elles révèlent que le sentiment de puissance qu’elles transpirent. Elles contiennent pourtant leur lot de misère, souvent caché derrière ces façades spectaculaires, qui de manière ostentatoire vantent luxe et progrès. En regardant de plus près, ces vedettes urbaines, sans cesse plongées dans le vacarme d’activités interminables, donnent l’impression de réfléchir à voix haute sur leur condition ambigüe de villes modernes.
Paris, Shanghai et New York sont les trois villes dans lesquelles CATHERINE GFELLER et MARIA CAÑAS ont décidé de se plonger caméra à la main. La première choisit de filmer la ville telle qu’elle se présente, au détour d’un carrefour ou d’une rue, sans mise en scène travaillée, mais en portant un soin particulier au cadrage et à la beauté des images. La deuxième, dans un langage plus abrupt et moins contrôlé, opte pour deux quartiers très populaires et animés, pour en révéler le côté plus sombre. L’une laisse défiler les images, tout en laissant parler la ville, l’autre l’interroge et la remet en question.

AVEC

CATHERINE GFELLER
BOUCHES DE PARIS, 2008-2011

5 min 47’’, triptyque vidéo, Courtesy de l’artiste.

MARIA CAÑAS
POR UN PUÑADO DE YUANES, 2008

8 min, DVD (téléphone portable), Courtesy de l’artiste.
Production: Festival Punto de Vista pour le projet «La Mano que mira», Pamplona.

MEET MY MEAT N.Y., 2007

6 min 39’’, DVD (video), Courtesy de l’artiste et galeria Llucià Homs, Barcelona.
Production: Iniciarte, Junta de Andalucía.

Télécharger le texte d’étage «Regarder Penser la Ville»

 EZGI KILINCASLAN, still de «Berlun», 2008

CATHERINE GFELLER, still de «Bouches de Paris», 2008

CATHERINE GFELLER, still de «Bouches de Paris», 2008

CATHERINE GFELLER, still de «Bouches de Paris», 2008

ANNE CHARLOTTE ROBERTSON, still de «Apologies», 1983-1990

JAN BUCHHOLZ, still de «Eigenbrand», 2010

LAURIN FEDERLEIN, still de «London», 2006

MARIA CAÑAS, still de «Por un puñado de Yuanes», 2008

 
Subventionné par la Ville de Genève