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Cycle de projections – Atlas on Screen

Cycle de projections
Atlas on Screen


Cycle de projection faisant partie intégrante de l’exposition Atlas, Truths, Details, Intervals and the Afterlives of the image.

S’inscrivant dans la même thématique et réflexion qu’Atlas. Truths, Details, Intervals and the Afterlives of the Image, Atlas on Screen élargit la recherche amorcée dans l’exposition, afin d’explorer dans des cinémas genevois divers formats de présentation, tant physiques que temporels. A l’Auditorium Fondation Arditi et au Cinéma Spoutnik sont présentées sept projections, impliquant certaines combinaisons de films qui donnent vie, par là même, à de nouveaux espaces de réflexion.

ABDERRAHMANE SISSAKO, BAMAKO, 2006, 35MM, COULEUR, 115’, V.O. BAMBARA/FRANÇAIS S.-T. FRANÇAIS
Le film Bamako met en scène à la manière d’un documentaire le procès intenté au FMI et à la Banque mondiale par l’Afrique. La fiction vient ici suppléer une instance de recours inexistante, dans un contexte politique aux relents de colonialisme qui exclut toute possibilité de se faire entendre et d’exiger que justice soit rendue. Avec une grande lucidité et sans bons sentiments, le réalisateur dresse un état des lieux dénonçant l’hypocrisie de l’Occident et montrant de manière allégorique comment les décisions d’un petit nombre se répercutent sur des millions de personnes.

CHRISTOPH DRAEGER/REYNOLD REYNOLDS, THE LAST NEWS, 2002, VIDÉO, COULEUR, 13′, V.O. ANGLAIS
The Last News, journal télévisé fictif, met en scène la fin du monde. Tandis que New York, Paris, Londres et Tokyo sont en proie aux bombes, le présentateur tente en vain de prendre contact avec ses envoyés spéciaux, dispersés dans cette apocalypse. La chaîne grésille et finit par imploser. A travers un film sarcastique, parodique et grotesque, composé d’images fictives et réelles (du 11 septembre notamment), les artistes dénoncent la soif de revanche systématique des grands États, et la propension des médias à trop couramment avoir recours au sensationnel et à l’émotionnel.

RENZO MARTENS, EPISODE 3: ‘ENJOY POVERTY’, 2009, VIDÉO, COULEUR, 90’
V.O. FRANÇAIS/ANGLAIS S.-T. ANGLAIS
Episode 3: ‘Enjoy Poverty’ est un documentaire cynique qui questionne la médiatisation et l’exploitation de l’image de la pauvreté. Pendant deux ans, Renzo Martens a voyagé et tourné en République Démocratique du Congo. Dans ce pays qui est l’un des plus dévastés, l’image de la pauvreté, à l’instar de l’or ou du cacao, est une matière première utilisée par l’Occident, et dont les autochtones ne tirent aucun profit. Le film, œuvre dure et dérangeante, dénonce la manière hypocrite avec laquelle journalistes et organisations occidentaux s’emparent de l’image de la pauvreté à des fins commerciales.

EDGAR MORIN /JEAN ROUCH, CHRONIQUE D’UN ÉTÉ, 1960, 35MM , NOIR /BLANC , 90’, V.O. FRANÇAIS S.-T. ANGLAIS
Si ce film est une expérience cinématographique autour de la question «Comment vis-tu ?», il est aussi le premier qui introduit un débat sur la guerre d’Algérie, et l’un des seuls de l’époque incluant des prises de vue d’ouvriers dans une usine. Il appréhende par ailleurs les futurs questionnements liés à la déco-lonisation et contient un témoignage personnel de l’Holocauste. Enfin, il participe au développement d’une esthétique documentaire construite sur l’improvisation, et pro-duit un discours critique sur son époque, s’efforçant de déclencher des débats entre cinéma, réalité et vérité.

CHARLES HELLER, NEM-NEE, 2005, VIDÉO, COULEUR, 45’, V.O. FRANÇAIS S.-T. ALLEMAND
La volonté de réaliser «NEM-NEE» («Non-entrée en matière / Nichteintretensentscheid») est née chez l’artiste alors qu’il travaillait avec des immigrants en Suisse. Zone grise créée récemment dans la loi Suisse ayant trait à l’immigration, cette situation est attribuée à de nombreux demandeurs d’asile qui se retrouvent ainsi dans une «non existence» juridique dans laquelle ils doivent néanmoins s’efforcer de survivre. Le film donne ainsi à voir la tentative quotidienne de ces immigrants d’affirmer leur propre corps, leur existence, officiellement remise en question.

SYLVIE BOISSEAU/FRANK WESTERMEYER, CHINESE IS A PLUS, 2008, VIDÉO, COULEUR, 40’, V.O. CHINOIS S.-T. ANGLAIS
Ce travail a pour objet la mobilité, explorée à travers la culture chinoise, filmée non en Chine, mais dans deux classes d’une école de langue à Stuttgart. La première est composée d’enfants d’immigrés chinois s’efforçant d’apprendre leur langue maternelle; nés en Allemagne, ils peinent à s’imaginer vivre dans leur pays d’origine. La seconde est constituée d’adultes qui considèrent le mandarin comme utile dans la société actuelle. A travers ces deux perspectives, les artistes examinent un thème qui leur est cher – l’identité – ainsi que l’influence exercée sur celle-ci par l’espace linguistique et le contexte culturel.

GLAUBER ROCHA, ANTONIO DAS MORTES (O DRAGÃO DA MALDADE CONTRA O SANTO GUERREIRO), 1969, 35MM , COULEUR, 95’, V.O. PORTUGUAIS, S.-T. FRANÇAIS
Se référant dans son titre à la légende de saint Georges et le dragon, ce film raconte l’histoire du tueur Antonio das Mortes, engagé pour affronter en duel un Cangaceiro (bandit). Lors de cette lutte pourtant, la main de das Mortes est freinée dans son action par une «sainte», qui incite dès lors le tueur à changer de camp. Das Mortes se range du côté du peuple et prend les armes contre les riches propriétaires terriens, dont fait partie le colonel Horacio – commanditaire de l’assassinat du Cangaceiro. Pionnier du Cinema Nõvo, Glauber Rocha réalise ici un film politique et social, dans une esthétique avant-gardiste et mystique.

TAMÁS SZENTJÓBY (ST AUBY), CENTAUR, 1973-1975, 16MM TRANSFÉRÉ SUR VIDÉO, N/B, 39′, V.O. HONGROISE S.-T. FRANÇAIS
Centaur, initié dès 1973, est censuré deux ans plus tard par le régime hongrois avant même d’avoir abouti. Le film est enfin restauré en version digitale, et présenté pour la première fois à la Biennale d’Istanbul en 2009. Entre documentaire et cinéma expérimental, cette œuvre est avant tout une critique des conditions sociales et de travail en Hongrie dans les années 1970. Les protagonistes y sont filmés dans leur environnement quotidien: les usines, les transports en commun, les bureaux, les cafés. A l’image, le mouvement de leurs lèvres en décalage avec la bande-son crée une discordance, mêlant burlesque, politique et poétique.

GORAN GALIC/GIAN-RETO GREDIG, STANDBY, 2009, VIDEO HD, COULEUR, 75’, V.O. ITALIEN S.-T. FRANÇAIS
Dans ce travail, les artistes traitent du problème du chômage partiel et des moments d’inactivité apparentés, qui contraignent à ré-envisager le rythme de vie, les habitudes, l’organisation familiale. Dans le cas de Reggio Emilia, ville bénéficiant d’une économie de pointe dans l’une des régions les plus riches d’Italie, cette situation reflète le phénomène mondial de la crise financière et économique. Court-circuitant les images de l’institution administrative, des individus concernés et de l’espace public, les artistes brouillent et effacent les frontières qui séparent habituellement ces différents domaines.

KAREN MIRZA/BRAD BUTLER, THE EXCEPTION AND THE RULE, 2009, VIDÉO, COULEUR, N/B, 37’, V.O. ANGLAIS
Appartenant à un ensemble de travaux encore inachevé et intitulé « The Museum of Non Participation », The Exception and the Rule a été développé à la suite de deux résidences à Karachi, Pakistan, et primé au Festival International du Film Documentaire de Chicago en 2009. Ce film, qui résiste aux modes documentaires traditionnels, rend compte des activités quotidiennes exercées en période d’agitation civile. Il bouleverse par ailleurs les notions de participation et de collaboration, ainsi que celles d’action/inaction et de résistance/pacifisme dans un contexte tributaire de la globalisation politique et économique.

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L’espace digital du Centre d’Art Contemporain Genève
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