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Grégoire Bolay – Rationalisme

Grégoire Bolay
Rationalisme


Le Centre d’Art Contemporain Genève est heureux d’accueillir un projet de Grégoire Bolay, proposé par Baker Wardlaw, artiste en résidence au Centre entre février et mai 2018.

Un marxiste italien a récemment suggéré que l’ironie pourrait être un moyen de sortir de notre situation actuelle… Quelle est la situation actuelle ? Le rationalisme, naturellement…..

En tant que jeune artiste, le concept de rationalisme est particulièrement séduisant et problématique parce qu’il semble que nous sommes engagés dans une entreprise totalement irrationnelle. Mais aujourd’hui, toutes les occupations ne semblent-elles pas irrationnelles dans l’espace de coworking qu’est le monde ? Quel est l’intérêt ? Rationnellement parlant, il n’y en a pas, et accepter ceci pourrait être une autre façon d’échapper au piège contemporain de l’ultra rationnel.

D’un point de vue étymologique, les racines du rationalisme sont la raison et le calcul ; quantification. Quantification, tout comme les idées néolibérales de compétition, l’attitude gagnante, l’enthousiasme constant et la réduction des frictions, mettent le corps et les émotions au service d’une meilleure circulation de l’information et de valeur. Les exigences de la PERFECTION de soi et des autres, ont complètement infiltré la société et le lieu de travail (en même temps, le lieu de travail a aussi infiltré toutes les strates de la société).

Arrive le shitty worker
Les 12 œuvres présentées dans l’exposition de Grégoire Bolay (*1986), fonctionnent comme des peintures et des dessins, principalement des lignes peintes sur des fonds. De la même manière que l’individu est devenu son propre patron et employé, les œuvres de Grégoire Bolay sont à la fois peinture et dessin. Pour essayer d’échapper à cette logique, ces travaux, en effectuant le minimum syndical un slowdown (grève perlée), fournissent le moindre effort, en introduisant des inefficacités et des déficiences. Ils ne « performent » pas la peinture au sens traditionnel, mais ce sont plus que des dessins qui l’imitent… Le marxiste italien poursuit : « Nous vivons en enfer, mais en enfer nous avons la capacité, une capacité ironique, de créer des espaces de vie sensibles ; une vie qui n’exclut pas la joie comme dimension possible ».

Qu’est-ce que c’est que cet enfer ?
Ces œuvres, psychédéliques, ennuyeuses, acides, paresseuses, chefs-d’œuvre de leur genre, dépeignent des corps et le contrat écrit. Parfois ces catégories sont peintes ensemble, d’autres fois indépendamment l’une de l’autre, mais chacune pourrait être le condition sine qua non de l’autre. Ces symboles peuvent concerner le contrôle de l’état, ou le pourcentage toujours croissant du « temps de travail » que nous fournissons en tant que travailleurs et artistes post-fordistes, ou simplement servir de rappel de toute autre « dette impayée » envers différents individus et institutions et les appareils qui assurent leur existence (avocats, prisons, police).

Les tropes de productivité représentés ici (le corps au repos, le corps au travail, la cravate, le café, la machine au travail) circulent et créent une narration, ou une image d’ensemble. Le majeur (peint sur le mauvais type de toile) n’est pas un majeur pour le spectateur, mais une perspective à la première personne de « fuck you » (PPPFU) qui pourrait être lue comme une critique du médium, une critique du système, une critique de l’institution, ou un rejet de toute tentative de critique.
Pourquoi le rationalisme ? Parce que ça marche! La question c’est pour qui…

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