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Joan Jonas

Joan Jonas
Timelines : Transparencies in a Dark Room


Trente ans après sa première performance en Suisse au Centre d’Art Contemporain Genève, dans le contexte du festival Contrechamp (le 3 février 1978), Joan Jonas présente quatre installations majeures datant de 1976 à nos jours.

Figure emblématique de la scène artistique new-yorkaise de la fin des années 1960, Joan Jonas a développé une approche multimédia sans cesse renouvelée de la performance et de l’installation, qui a influencé plusieurs générations d’artistes internationaux. Elle compte parmi les premiers artistes à avoir travaillé avec la vidéo ou la performance; ces formats permettaient alors de nouvelles formulations de l’identité féminine, puisqu’elles offraient une approche encore détachée des traditions de l’histoire de l’art et des structures habituellement dominées par les hommes. Influencée par les mouvements féministes, Joan Jonas dit dans un entretien avec Joan Simon en 1995 : « Il y a toujours une femme dans mon travail, et son rôle est remis en question ». L’artiste fait appel à l’histoire, à la biographie, à la littérature, au mythe ou encore au rituel pour questionner l’identité en utilisant des éléments de signature tels que le miroir (pour déformer autant que révéler) et le masque (pour permettre les changements de rôles). La réflexion sur l’expérience du temps est un autre aspect central du travail de l’artiste, comme le souligne Douglas Crimp (Professeur d’histoire de l’art et critique), qui évoque la ‘dé-synchronisation’ comme expérience essentielle dans son travail.

The Shape, the Scent, the Feel of Things (2004) est un « work in progress » composé d’une installation et d’une performance, laquelle fut initialement présentée au Dia:Beacon, New York, en 2004. Né de la curiosité persistante de Jonas pour le rituel et la performance, ce projet illustre son grand intérêt pour les débuts de l’expression esthétique dans d’autres cultures. Le texte et la narration y jouent un rôle plus fondamental que dans n’importe quel autre travail. Malgré sa portée fortement théâtrale, cette oeuvre reste suspendue entre théâtre et performance. D’autre part, The Shape… est partiellement inspiré d’une série de rencontres et d’événements ayant eu lieu dans la vie de l’artiste. En effet, à la fin des années 1950, Joan Jonas entreprit un voyage dans le sud-ouest des Etats-Unis et eût à cette occasion l’opportunité d’assister à quelques rituels des Indiens Hopi. Plus tard, vers le milieu des années 1980, elle découvrit un essai rédigé par l’historien allemand Aby Warburg, évoquant son propre périple dans le sud-ouest américain au 19ème siècle. Dans ses investigations, Warburg se servait de photographies, de divers objets d’art provenant de cultures différentes, les combinait et faisait des références croisées afin de produire, entre autres, une présentation de certains gestes particuliers tels qu’ils furent portraiturés par les Grecs, les Romains, les Indiens, etc. Cette méthodologie a particulièrement inspiré Joan Jonas. L’histoire d’Hélène de Troyes, tel qu’interprétée par la poète imagiste H.D. (Hilda Doolittle), est revisitée dans Lines of sand (2002), projet commandité par la Documenta 11. Joan Jonas y met en exergue le fait que le mythe communément admis depuis des siècles – une guerre menée pour une femme – a été préféré à une vérité plus subtile. Alors que la légende originale raconte la séduction et l’enlèvement d’Hélène, H.D. cite d’autres sources classiques, qui suggèrent une histoire différente (Hélène serait restée en Egypte, ne foulant jamais le sol troyen). Jonas a d’abord conçu une installation, puis une performance qui rassemblent différents éléments dans une série de tableaux s’imbriquant les uns dans les autres : mises en scène composées de vidéo, photographies, dessins et objets.

Enfin, Volcano Saga (1985-1989) est une pièce plus ancienne dans laquelle Jonas avait commencé à distiller ses idées sur le tempérament féminin. Usant du récit comme d’un miroir et du paysage volcanique islandais comme représentation de la narration,Volcano Saga s’inspire d’une histoire du 13ème siècle, Laxdaela Saga, la légende d’une femme mariée quatre fois.

Les performances et installations récentes de Joan Jonas ont été saluées internationalement, notamment lors de la Documenta 11 (2003), à la Tate Modern (2004), au Dia:Beacon (2004), au Brooklyn Museum New York (2005) et au MACBA, Barcelone (2007).

Une proposition de Katya García-Antón

L’exposition est coproduite avec le MACBA de Barcelone. L’exposition sera accompagnée d’une publication, coproduite avec le MACBA de Barcelone, incluant, entre autres, des textes de Katya García-Antón, Bartomeu Mari et Gregory Volk.

L’exposition de Joan Jonas intervient en partenariat avec la Biennale de l’Image en Mouvement (Centre pour l’image contemporaine-Saint Gervais Genève), qui propose une rétrospective des travaux de l’artiste.

Visiter le 5e étage
L’espace digital du Centre d’Art Contemporain Genève
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