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Scrivere Disegnando

Scrivere Disegnando
Quand la langue cherche son autre


Une proposition d’Andrea Bellini et Sarah Lombardi


Scrivere Disegnando (« écrire en dessinant ») est une exposition sur l’écriture et son double. Y sont passées en revue un certain nombre d’expériences, du début du XXe siècle à nos jours, dans lesquelles l’écriture abandonne sa fonction de communication pour s’aventurer sur les terres de l’incommunicable, de l’indicible. Elle cherche précisément à explorer cette tension de la graphie, son oscillation entre écriture, dans sa dimension proprement sémantique, et la terra incognita de la simple arabesque, de l’automatisme, du signe répété et du gribouillis. Toutes les œuvres présentées dans l’exposition habitent un territoire particulier, un terrain vague, dans lequel le geste d’écriture reflète davantage le « vouloir dire » que le « dire » lui-même, plus la force du sens que l’acte du signifié, pour paraphraser Giorgio Agamben. Une écriture parfois en délire, poussée au-delà du sens, qui devient trace existentielle et affirmation de soi, mais aussi élément fantastique, métaphore du monde et de ses mystères.

Fruit d’une collaboration inédite entre la Collection de l’Art Brut de Lausanne et le Centre d’Art Contemporain Genève, cette exposition réunit pour la première fois des personnalités très diverses : des artistes historiquement liés à l’art brut, dont certains ont mené leur activité d’écriture dans des maisons de repos et des asiles psychiatriques ainsi que des artistes des néo-avant-gardes et contemporains. Ce qui réunit des personnalités aussi différentes, c’est précisément cette volonté de saisir dans l’écriture un ailleurs, de dépasser la dimension sémantique de la langue, pour en explorer librement le potentiel novateur et fantastique. Le projet se démarque également par la place particulière qu’il fait aux femmes : à celles qui, dès le début du XXe siècle, ont mené des expériences de graphie compulsive, souvent illisible, comme moyen d’expression existentiel et d’affirmation de soi dans un monde patriarcal les rendant politiquement invisibles et socialement inaudibles. Le tempsde l’écriture est comme un temps de vie, un geste privé, une trace existentielle et un instrument d’une connaissance de soi.

Cet ambitieux projet s’enrichit d’œuvres commandées pour l’occasion à des artistes contemporains engagés dans la construction de langues secrètes, d’alphabets imaginaires ou de véritables « langues personnelles ». Enfin l’exposition est agrémentée d’une série de vitrines qui rassemblent d’une part des objets et exemples d’écritures asémiques d’artistes et proposent d’autre part un panorama historique de l’utilisation de langues imaginaires dans la littérature.

Un catalogue de près de 300 pages richement illustrées sera publié à l’occasion de cette exposition. Il rassemblera des essais spécialement commandés à des curateurs, critiques, artistes, philosophes et universitaires autour des questions d’écriture asémique et guidera le lecteur à travers ces écritures plurielles. Ainsi, outre les textes d’Andrea Bellini et Sarah Lombardi ce volume comprendra également des contributions de Federico Campagna (philosophe), Vincent Capt (chercheur), François Chastanet (architecte et graphiste), Andrea Cortellessa (critique littéraire), Guillaume Leblon (artiste), Morad Montazami (historien de l’art), Joana Neves (curatrice), Marta Spagnolello (historienne de l’art), Michel Thévoz (écrivain, historien de l’art et philosophe) et Marina Yaguello (linguiste). Une bibliographie ainsi que des notices sur les œuvres de plus de 100 artistes complèteront cette publication.

Avec des œuvres de Vincenzo Accame, Rosaire Appel, Tchello d’Barros, Roland Barthes, Gianfranco Baruchello, Tomaso Binga, Irma Blank, Nick Blinko, Alighiero Boetti, Marcia Brauer, Frédéric Bruly-Bouabré, Elijah Burgher, Axel Calatayud, Gaston Chaissac, Laura Cingolani, Guy de Cointet, Aloïse Corbaz, Dadamaino, Betty Danon, Hanne Darboven, Michel Dave, Michael Dean, Mirtha Dermisache, Emmanuel Derriennic, Jean Dubuffet, Giordano Falzoni, León Ferrari, Chiara Fumai, Pepe Gaitán, Jill Galliéni, Ryan Gander, Anne-Marie Gbindoun, Marco Giovenale, Rafael Gonzales, Josef Grebing, Mariangela Guatteri, Gustav, Elisabetta Gut, Brion Gysin, Emma Hauck, Takanori Herai, Joseph Heuer, Susan Hiller, Steffani Jemison, Carlo Keshishian, Annalies Klophaus, Maria Lai, Fabio Lapiana, Louise Lavallée-Tournay, Jürg Lehni, Dwight Mackintosh, Kunizo Matsumoto, Viviane Van Melkebebeeke, Reinhold Metz, Henri Michaux, Miriam Midley, Bruno Munari, JB Murray, Francis Palanc, Giulio Paolini, Luca Maria Patella, Enzo Patti, Jérôme Peignot, Jean Perdrizet, Nathalie Perrin, Laure Pigeon, Renata Prunas, Justine Python, Svetlana Rabey, Carmen Racovitza, Judit Reigl, Jane Ruffié, Valeri Scherstjanoi, Salome Schmuki, Greta Schödl, Luigi Serafini, Jeremy Shaw, Hélène Smith, Ivana Spinelli, Martina Stella, Lina Stern, Laurence Sterne, Barbara Suckfüll, Jenna Sutela, Cecil Touchon, Jeanne Tripier, Pascal Vonlanthen, August Walla, Robert Walser, Galaxia Wang, Melvin Way et Adolf Wölfli.

Image de couverture : Scrivere Disegnando. Quand la langue cherche son autre écrit dans la police Set in Stone de Ryan Gander
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L’espace d’exposition virtuel du Centre

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